Lettre aux Présidentiables

Bordeaux, le 28 février 2012

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat(e)  à l’élection présidentielle ; c’est pourquoi je prends la liberté de vous écrire afin de renseigner nos adhérents et de les aider à se déterminer.

Les principales questions qui nous préoccupent sont les suivantes :

–          Dépendance :

  • La loi concernant la perte d’autonomie est sans cesse reportée.
  • Or le problème est grave ; les retraites moyennes s’élèvent à 1200 euros par mois environ, alors que les frais d’hospitalisation en E.H.P.A.D. sont souvent supérieurs à 1800 euros, pour la part laissée à la charge des familles.
  • De surcroît, les départements qui financent la majeure partie de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) sont placés dans les situations très inégales : ce sont souvent les plus pauvres, ceux où le revenu moyen est le plus faible, qui ont la proportion la plus importante de personnes âgées. A l’inverse, certains départements riches, comme Paris, ont une proportion forte de revenus élevés, et peu de retraités, car ces derniers partent en province lorsqu’ils cessent leur activité.
  • Non seulement donc la charge de la perte d’autonomie est très lourde pour certaines familles, mais elle l’est aussi pour certains départements et pour leurs ressortissants, en dépit des compensations existantes.
  • Il existe certes un problème de financement qui explique les retards apportés au vote d’une loi, mais la situation actuelle est difficilement tenable. En effet, la solidarité entre les générations et le maintien de la cohésion nationale en pâtissent.

Envisagez-vous une solution législative durant votre mandat et, si oui, laquelle ?

–          Avenir des Hôpitaux Publics et des E.H.P.A.D. :

  • Les retraités hospitaliers sont inquiets, car ils redoutent une détérioration des soins en hôpital et en E.H.P.A.D. Or, ils savent que leur propre santé ne peut que s’altérer au fil du temps.
  • Ils constatent en effet que les personnels soignants souffrent de leurs conditions de travail, car partagés entre des impératifs contradictoires :

– améliorer la qualité des soins et respecter les protocoles

– rester disponibles aux besoins des patients

– réduire les coûts

– s’adapter aux évolutions des techniques, souvent rapides

– être plus productifs car les effectifs se réduisent, etc…

  • Or les responsables hospitaliers n’ont pas de solutions, car on leur impose des budgets limités qui ne peuvent être respectés sans réduire les dépenses. Après des années, ils n’ont d’autre possibilité que celle de réduire le poste principal, qui représente de 55 % à 90 % de ces dépenses, donc de diminuer les effectif.
  • C’est vrai, le passage aux 35 heures n’a rien arrangé, car le fonctionnement 365 jours par an et 24 h sur 24 est un impératif incontournable. Mais pourquoi les hospitaliers devraient-ils être les seuls à travailler plus longtemps ? Côtoyer la souffrance, la maladie, et la mort, avoir, pour un personnel essentiellement féminin, à « transporter » des malades ou des personnes âgées constitue-t-il une tâche si facile ?
  • Actuellement sous pression, et sans perspective d’amélioration prochaine, les personnels hospitaliers pourront-ils longtemps maintenir la qualité des soins sans altérer leur propre santé, et leurs relations avec les patients ?

Quelles sont vos propositions pour le domaine de la santé, et l’Hôpital Public en particulier ?

–          Vieillissement de la population :

Le vieillissement de la population Française traduit un progrès dont nous sommes les premiers à nous réjouir. Mais il s’accompagne d’une augmentation de la demande de soins et de la perte d’autonomie. Il accroît également la difficulté de financement des retraites.

Quelles conclusions en tirez-vous et que proposez-vous pour faire face à cette situation en période de crise et alors que la réduction des dépenses publiques nous est  « recommandée » ?

–          Financement des retraites :

  • Le financement des retraites demeure un problème. La crise actuelle impose un retour à l’équilibre entre les recettes et les dépenses et un maintien de cet équilibre qui est d’ailleurs élémentaire pour ne pas pénaliser les générations futures.
  • Le régime des fonctionnaires est souvent critiqué car considéré comme plus « avantageux » que ceux en usage dans le secteur privé. Or les retraites servies par la C.N.R.A.C.L. s’élèvent en moyenne à 1200 euros par mois comme celles du privé. Elles sont majoritairement perçues par des femmes dont les retraites sont déjà en moyenne inférieures à celles des hommes.

Nous sommes donc très attentifs à votre programme en ce domaine.

–          Evolution des pensions :

Actuellement, les pensions sont indexées sur le coût de la vie, ce qui exclut déjà les retraités des gains de productivité.

Or la crise a conduit certains pays soit à adopter le maintien des pensions à leur niveau actuel, soit même à les diminuer.

Sachant que déjà les retraités hospitaliers subissent une réduction des pensions servies par leur régime de retraite complémentaire (CRH), ils sont particulièrement inquiets.

Quelle sera votre politique à cet égard ?

–          Imposition des retraites :

  • Les retraités sont concernés par certaines « niches fiscales » telles que le taux de la C.S.G. ou la déduction forfaitaire de 10 % de leurs revenus (plafonnée) qui leur sont appliquées.
  • De même celle concernant les emplois à domicile les intéresse, car l’âge impose souvent de se faire aider.

Quels sont vos projets en ce domaine ?

–          Rôle et Place des retraités dans la société – Année Européenne du « Vieillissement Actif »

  • 2012 est l’année du vieillissement actif en Europe. Contrairement à une idée encore trop répandue, les retraités, ou au moins ceux dont la santé le permet, ne sont pas des inactifs, ni des consommateurs passifs, ni centrés uniquement sur leurs loisirs.
  • Non seulement ils aident matériellement, et financièrement leurs enfants et petits enfants, et sont les liens permanents de familles souvent recomposées, mais ils sont fréquemment engagés dans les associations. Généralement bénévoles, ils participent au mouvement associatif et aussi à la solidarité nationale et internationale.
  • D’autre part, le recul de l’âge de la retraite doit s’accompagner en France d’une transformation des mentalités et d’une volonté d’aider les personnes âgées proches de l’âge de cessation d’activité, voire l’ayant dépassé, à rester au travail, ou à en retrouver, si elles le peuvent et le souhaitent.
  • Enfin, les retraités actuels se sentent solidaires des autres classes d’âge, et ne sont pas opposés à participer aux efforts de redressement du pays en période de crise, en fonction de leurs moyens. Ils ont connu au cours de leur vie des moments difficiles, par exemple après le second conflit mondial, et n’ont pas toujours bénéficié des facilités de la vie « moderne ». Nombre d’entre eux sont aujourd’hui engagés au service de leurs concitoyens, sans doute, prêts à l’être davantage. Mais ils demandent à être reconnus et respectés, et non stigmatisés pour leur trop grandes richesses qui sont si elles existent, le fruit d’une vie de travail et d’épargne.

En bref les retraités, dont beaucoup ont des revenus modestes, ne se sentent pas « des nantis ». Peu habitués à demander « tout, tout de suite », ils comprennent parfois mal certaines exigences des plus jeunes, mais n’hésitent cependant pas à les aider. Ils participeront à la mesure de leurs moyens aux efforts de redressement du pays si nécessaire, surtout si ces efforts sont équitablement répartis.

Conserver des activités tant qu’ils le peuvent, ils y souscrivent d’autant mieux, qu’ils savent que c’est pour eux, une « hygiène de vie ». En effet ils peuvent ainsi maintenir plus longtemps leurs capacités intellectuelles et physiques, et rester insérés dans la société.

Quels sont vont projets pour une vieillesse active ?

Quelle place réservez-vous aux retraités dans la société ?

Qu’attendez-vous d’eux pour aider au redressement national ? si ce dernier vous semble nécessaire.

Je vous remercie par avance des réponses que vous voudrez bien nous transmettre et qui seront portées à la connaissance de nos adhérents.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en mes respectueuses salutations.

Le Président National

Jean Marie CHOUZENOUX

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