L’ANHR réunie en AG à Pau a décidé d’adresser la motion suivante au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Vous avez bien voulu répondre à notre lettre lors de votre élection, c’est pourquoi nous nous permettons de vous saisir à nouveau à l’occasion de notre Congrès. Nous voulons attirer votre attention sur les difficultés rencontrées par les Retraités Hospitaliers. Les questions qui nous préoccupent ou nous inquiètent notamment sont :

L’évolution de nos pensions principales. Elles sont servies par la CNRACL qui a contribué et contribue toujours au financement d’autres régimes déficitaires, par le biais de la compensation, voire de la surcompensation. Nous souhaitons que l’équilibre du régime nous concernant soit durablement assuré, puisque aucune réserve n’a pu être constituée, en raison de l’aide apportée à d’autres.

Vous avez refusé la désindexation des pensions et nous vous en remercions, car elle aurait été très injuste eu égard aux charges des retraités qui sont en hausse. Nous demandons le maintien de cette sage décision pour l’avenir.

En effet, les retraités subissent l’inflation, même réduite, les hausses d’impôts, l’augmentation des tarifs des mutuelles, la Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie (CASA), …

Mais pourquoi apporter un retard de six mois à la réévaluation des pensions, qui fait participer les retraités aux efforts de rééquilibrage du régime. Il sera prolongé dans le temps, s’ajoutant à celui de trois mois mis en place par les gouvernements précédents.

Les Retraités ont une pension figée dont le montant est arrêté lors de leur cessation d’activité.

Il leur est difficile de s’adapter à des systèmes qui modifient constamment les références législatives et chiffrées, à chaque réforme.

Les Retraités, et tout particulièrement ceux des catégories C dont les pensions sont modestes, ont des revenus fixes, très sensibles à toutes charges supplémentaires (impositions et cotisations, ou report de réévaluation…).

De plus, ces changements nuisent gravement à la crédibilité du système de retraite par répartition, ancré sur la solidarité entre générations. Comment les jeunes actifs s’attacheraient-ils à un système dont ils ne peuvent appréhender clairement l’avenir ?

Les primes nombreuses à l’Hôpital, ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite. Pour compenser cette perte de revenus, de nombreux hospitaliers ont adhéré et cotisé au régime complémentaire facultatif de retraite mis en place par le Comité de Gestion des Œuvres Sociales et géré par les Assurances Allianz. Or les pensions servies sont en diminution chaque année. Nous comprenons qu’il est nécessaire d’assurer la pérennité de ce régime, financé uniquement par les adhérents, mais son avenir continue à nous inquiéter.

Quant à l’âge de départ à la retraite, il faut rappeler que les personnels hospitaliers soignants très majoritairement féminins côtoient constamment dans leur activité la souffrance et la mort. Ils travaillent 24h sur 24 et 365 jours par an, nuits comprises. Une lourde responsabilité tant civile que pénale pèse sur eux, toute erreur pouvant entraîner un préjudice pour les malades et un procès. Leur métier est à risque car ils soignent souvent des malades contagieux, violents…. cela justifie que certains bénéficient de retraites plus précoces en raison de la pénibilité de leur travail.

Les retraites de la Fonction Publique sont l’objet de nombreuses critiques pas toujours justifiées. Si nous sommes favorables à un rapprochement  progressif avec les retraites du secteur  privé, et notamment à l’intégration des primes dans le calcul des pensions, nous demandons aussi à l’Etat de jouer pleinement son rôle de protection des fonctionnaires en informant le public de la situation réelle qui n’est pas aussi favorable que d’aucuns le prétendent.. La comparaison ne devrait pas se limiter à l’’assiette des retraites des fonctionnaires et à celle des retraites privées, mais s’étendre aux rémunérations, primes et avantages sociaux compris.

La santé est notre souci, car le vieillissement s’accompagne de problèmes divers pour chacun mais entrainant pour tous la nécessité de soins plus importants. Or son coût ne cesse d’augmenter : les remboursements de médicaments diminuent, les honoraires médicaux, malgré les protocoles semblent échapper à tout contrôle, les mutuelles augmentent leurs cotisations, … Ayant passé notre temps à soigner les autres, nous ne sommes plus assurés aujourd’hui d’être nous-mêmes soignés.

Le statut des agents hospitaliers prévoit l’hospitalisation gratuite des personnels en activité, mais cette disposition est inappliquée en pratique depuis l’instauration de la CSG, et l’application stricte qu’en ont faite les URSSAF. Il en résulte un report de charges sur les Mutuelles Hospitalières et des hausses de cotisations qui frappent aussi les retraités, même si la gratuité ne les concerne pas, au moment précis où ils en auraient le plus besoin.

La perte d’autonomie qui nous attend tous nous inquiète car son financement, très onéreux, ne pourra être assuré par nos seules pensions, mais avec le concours de la solidarité nationale.

C’est pourquoi nous nous adressons à vous car nous espérons que, mieux informé de notre sort, vous pourrez nous aider à l’améliorer.

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